
"Cinq colonnes à la Une", ORTF, 1962 un père et son fils interrogés devant leur ferme du causse de Sauveterre font face à la caméra, le premier avoue qu’il est rare de manger de la viande, le second explique qu’il devra partir pour travailler dans les usines Renault.
J’ai vu et vécu prés de toutes ces fermes abandonnées à la fin du XXéme siècle, le département de la Lozère s’était vidé tout au long d’un interminable exode rural, jonché de symboles Chrétiens, le territoire fut jadis marqué par de sanglantes luttes de religions. En 1992 j’ai travaillé, ouvrier attachant de la ferraille à béton, pour la construction de l’Autoroute A75 qui devait finalement "désenclaver" ce territoire rural et montagneux, le plus pauvre de France.
Hunger pour ces hommes et femmes qui doivent partir pour se nourrir, avant, aujourd’hui, indéfiniment l’exode. Un anti-road movie au sens de la tragédie du déplacement et du déracinement, un personnage écrasé par la modernité qui laisse resurgir ses archaïsmes. Hunger, la faim, un terrassement, s’exprime à travers l’expression d’un corps incarné par un personnage aux prises avec toutes sortes de violences et d’adversités.
Hunger ou une sorte d’invitation à un cheminement, une sorte d’initiation, au sens des rituels que nous révèlent les ethnologues, les anthropologues. Nous pénétrons dans un parcours, plus exactement un voyage, dans la sensation, dans une forme pluridisciplinaire dans laquelle dialoguent danse, lumière, objet en mouvement et musique live .
